L’Union européenne dispose d’un arsenal complet pour assurer une protection commerciale efficace de son marché intérieur face aux pratiques déloyales. Cet article présente certains des instruments de défense commerciale (IDC) mis en œuvre par l’UE pour garantir un commerce équitable et préserver la compétitivité des entreprises européennes.
Les principaux instruments de défense commerciale de l’UE
1. Les mesures antidumping : l’outil le plus utilisé
L’Union européenne considère qu’un produit fait l’objet de dumping lorsqu’il est exporté à un prix inférieur à celui pratiqué dans son pays d’origine ou à son coût de production. Une enquête est alors ouverte, pouvant aboutir à des amendes et à l’imposition de taxes antidumping pour rétablir une concurrence équitable.
Une réforme de 2017 a introduit une nouvelle méthodologie prenant mieux en compte les distorsions de marché causées par les interventions étatiques, avec pour objectif une plus grande efficacité et davantage de transparence.
2. Les mesures antisubventions (ou mesures compensatoires)
Ces mesures visent à corriger l’avantage injuste obtenu par des entreprises étrangères bénéficiant de subventions ciblées. En vertu du règlement n°2016/1037, l’UE peut imposer des droits compensateurs si une subvention cause un préjudice à l’industrie européenne.
Les subventions peuvent prendre différentes formes : garanties de prêts, transferts financiers directs, avantages fiscaux, etc.
3. Les mesures de sauvegarde : un rempart contre les importations massives
Si une industrie européenne est menacée par un afflux soudain et massif d’importations, l’UE peut appliquer des mesures de sauvegarde telles qu’une hausse temporaire des droits de douane ou une restriction quantitative. Ces mesures sont provisoires ou peuvent durer jusqu’à 4 ans (prolongeables jusqu’à 8).
4. Le nouvel instrument anti-coercition
Mise en place en 2023, cette innovation législative permet à l’UE de réagir face à des actes de coercition économique, comme des boycotts ou des sanctions commerciales injustifiées. Elle vise d’abord à résoudre les conflits par la négociation, mais permet aussi l’adoption de contre-mesures en dernier recours.
5. L’Instrument relatif aux marchés publics internationaux (IPI)
Entré en vigueur en août 2022, l’IPI permet à l’UE de réagir face aux discriminations subies par les entreprises européennes dans les appels d’offres étrangers. En retour, l’Union peut restreindre l’accès des entreprises étrangères à ses propres marchés publics.
6. Le contrôle des subventions étrangères et des investissements
Un règlement de 2023 renforce le filtrage des investissements directs étrangers (IDE) et vise à empêcher l’acquisition d’entreprises stratégiques européennes par des entités subventionnées par des États tiers. Il s’applique également aux appels d’offres de plus de 250 millions d’euros.